Il marche dans la rue, désespéré et détruit. Elle est partie, l'a quitté ce matin, ne laissant qu'une lettre, seule trace de son passage...
Georg,
Arrivée hier soir et partie ce matin, j'ai rempli ma part du contrat, j'ai fait mon travail. Avec toi. Toi un client comme les autres mais une nuit différente. Je ne t'oublierai pas. Tu as été ma lumière dans cette vie obscure, ma force dans ce monde de brutes, mon rêve dans ce cauchemar ambulant. Mais je ne peux pas rester, et tu le sais. Indépendante. Ce mot sonne faux dans ma bouche aujourd'hui, mais je me suis promis de le devenir et de le rester. Je gagne donc ma vie avec ce que la destinée m'a donné : pas grand-chose. Je suis le fantasme d'hommes qui éprouvent le besoin d'assouvir leurs désirs le temps d'une nuit et je disparaît aux premières lueurs de l'aube comme je suis apparue aux premières ombres de la nuit. Mais tout ça tu le sais, je te les racontais hier et je n'aurais jamais dû, j'en suis consciente; c'est ma vie et cela ne regarde personne mais toi et ton doux regard, plein d'amour et de confiance m'ont touchée.
Merci pour ce beau moment, qui m'a changé de mon quotidien. C'est pourquoi je n'ai pas pris l'argent que tu m'as laissé. Ne me cherche pas, fais comme moi, oublie-moi, ce sera mieux pour nous deux.
Adieu Georg.
LoaIl ne la cherchera pas, il a promis.
Alors il marche, pour oublier, revit en pensée son rêve nocturne. Il savait qu'elle partirait, mais il espérait. Car il était tombé sous le charme de ce bout de femme, rebelle, aux cheveux noirs remontés en chignon sur sa nuque, aux mèches bouclées encadrant son visage aux traits fins et aux yeux noisettes, reflétant les difficultés d'une vie douloureuse et d'un passé oublié. "
Tombé amoureux d'un prostituée n'est pas la meilleure chose à faire ", pense-t-il. Il s'en veut. De s'être senti seul hier soir et d'avoir recouru à ce moyen. Rien de tout cela ne serait alors arrivé.
Il marche, les yeux rivés sur les pavés de la rue qui s'étire à perte de vue devant lui. Arrivé à la grande place, qui la coupe en deux, il s'aperçoit que c'est jour de marché et décide d'en faire le tour.
Il marche, le regard vide, ne pensant à rien...jusqu'à ce qu'il la voie. Seule, avec son sac, se fondant dans la foule. Cinq mètres les séparent. Il s'approche le c½ur battant. Il ne s'attendait pas à la voir. Elle lui tourne le dos, il lui pose avec douceur la main sur l'épaule.
"
Loa? " dit-il lentement.
Elle se retourne, apeurée, ayant reconnu sa voix. Elle lève ses yeux vers les siens et lui jette un regard effrayé, appelant la pitié. Elle ne voulait pas le revoir, il le sait. Le temps de réaction passé, elle se raidit et, décrochant brutalement ses prunelles de Georg, part en courant. Il se tourne à son tour vers la direction dans laquelle elle vient de partir. Il ne peut pas laisser passer sa chance une seconde fois. Il veut pouvoir lui parler, lui dire tout ce qu'il n'a pas eu le temps d'exprimer ce matin. Se décidant à la suivre au bout du monde, il se s'élance derrière elle.
Tous deux connaissent la ville par c½ur ; elle a de l'avance, il avance plus vite. La rue défile sous leurs chaussures tandis qu'ils courent vers la mer et sa plage de sable fin. Elle y parvient avant lui et la course-poursuite continue, pieds nus. Elle trébuche sur une canette, laissée là par des squatteurs nocturnes. Elle tombe, ne se relève pas.
"
Loa! "
Georg s'écroule à ses côtés, lui soulève la tête, la dépose sur ses genoux et fixe d'un regard profond ses yeux clos. Les paupières de la jeune fille se soulèvent, elle le regarde et, réalisant son erreur, tente de s'enfuir. Mais il le maintient au sol de ses bras puissants et se place juste au-dessus de son corps maigre. Terrorisée, elle ferme les yeux. Elle ne voulait pas le revoir, juste l'oublier, lui et le bonheur qu'il lui avait procuré. Elle se souvient du frisson ressenti lors du contact de ses mains douces sur sa peau, du plaisir éprouvé lors de ses baisers langoureux... elle ne veut pas y penser. Elle veut l'oublier, pour revenir plus facilement à la dure réalité de la vie, pour vivre malheureuse peut-être mais indépendante. Elle ne veut plus être à la merci d'un homme comme elle l'a déjà été. Elle a souffert et ne veut plus recommencer. Jamais.
"
Loa, écoute-moi, Loa...je t'aime Loa. Tu ne peux pas me laisser comme ça. Je te rendrai heureuse, je ferai tout ce que tu voudras...mais je t'en prie, ne me quitte pas. "
Ça, elle connaît. Ces paroles, lui aussi il lui avait dit, avec tout autant de sincérité dans la voie. Sauf qu'après, il l'a quittée, après avoir récupéré tous les biens familiaux, après l'avoir rendu dépendante. Il l'a détruit. Non, ces paroles, elle n'y croit pas.
"
Tu vaux beaucoup mieux que tous ces hommes, dont moi il est vrai, tous ces hommes que tu baises chaque nuit pour leur plaisir. Et le tien alors? Pense à toi merde! Je sais que tu m'aimes Loa, je sais que tu m'aimes....toi aussi tu le sais. Tu as droit à une belle vie, comme tout le monde, quelles que soient les souffrances de ton passé et tout ce qu'on a pu te faire croire. Ne pars pas Loa...je t'aime, pour le meilleur et pour le pire. Tu m'entends? Je t'aime bordel! "
Elle ne dit rien, jamais personne ne lui avait parlé comme ça, avec des mots tellement gorgés de sens, si doux, si beaux. Même lui, son "ex". Les choses qu'elle savait au plus profond d'elle-même ont fait surface, grâce à lui. Il l'aimait, c'est tout. Pour de vrai.
Elle ne dit rien, il se tait et attend un signe, une réponse, n'importe quoi.
Une larme perle sur la joue de la jeune fille. Une seule mais il ne pouvait souhaiter mieux. Doucement, il approche son visage du sien, lui souffle à l'oreille " pour le meilleur et pour le pire" et l'embrasse. Un long baiser, noyé de larmes. Larmes de libération de la part d'une femme que la vie a fait souffrir. Il se recule, la prend dans ses bras. Assise sur le sable, blottie contre lui, elle est bien. Il est heureux, elle est bien, ils sont amoureux.
Elle sèche ses larmes lève ses yeux rougis vers lui et l'embrasse à nouveau, avec tout l'amour dont elle est capable. Il se met debout et lui tend la main, le regard pétillant et le sourire aux lèves. Elle saisit ces doigts tendus vers elle et le suit, sur la plage. Elle est toute à lui, comme toujours avec un homme, sauf que cette fois, elle le veut volontairement et qu'il est tout à elle.
Sur le rivage, deux amoureux marchent main dans la main, yeux dans les yeux, heureux tous les deux.
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Comme promis à certaines d emes lectrices, je met enfin une seconde shoot, qui comme vous l'avez remarqué n'a aucun rapport avec la première. j'espère que celle-là vous plaît aussii. donnez votre avis, critiques acceptées avec plaiisir...amis compliments aussi =D
merciii beaucoup de liire mes shoots, même si vous n'êtes pas nombreuses =)
"b'sOus
'Ju
Ps: merci à ma Chérie qui lit mes fics et shoots et me donne son avis (L)